Prisonnière de mes pensées.
Figée et coincée.
Engoncée et oppressée.
A quand la libération ?
Je crève
parlez-moi
parlez-moi
si vous trouviez
les mots dont j'ai besoin
vous me délivreriez
de ce qui m'étouffe.
Cet amour qui n'a cessé de croître depuis votre première rencontre, il t'érode, te dénude, te ramène constamment à ce qu'il y a en toi de plus pauvre, de plus démuni. Souvent, la nuit, quand il te tient éveillée, sa violence t'effraie, et tu t'étonnes qu'ait pu prendre racine en toi un sentiment si extrême, si démesuré.
Pour aimer, il faut avoir beaucoup à offrir, et tu ne sais que trop que tu es dépourvue de toute véritable richesse. Une fille comme toi, simple, elle n'a rien à faire valoir. Certes, quoi qu'il arrive, tu seras une femme donnée, mais cette noblesse, cette grandeur qui sont la marque de l'amour, combien tu en es loin. Les questions que tu te poses, elles te concernent. Tu te demandes ce que tu vaux, et si tu sera en mesure de répondre à cette exigence qui déjà t'aiguillonne. Une exigence si haute qu'elle semble outrepasser les limites de l'humain. Aimer, oui, mais aimer sans contrôle, sans mesure, dans un don de soi éperdu. Tu passes par des alternances de joie et d'abattement. L'inespéré qui a soudain fait irruption et déchiré le gris de ton existence. Et la pensée que tu lui es par trop inférieure, qu'il y a trop d'obstacles, qu'il te faudrait mettre fin à ces rencontres avant même qu'il t'assène un jour qu'il ne peut y avoir de suite, que tout doit s'achever là.
Plus tu attendras, plus amère sera la déception. Tu n'as d'ailleurs que trop rêvé.
Il ne t'a serré contre lui qu'une seule fois [ en rêve ] et jamais ses lèvres ne se sont emparées des tiennes .